Cette règle de discernement s'applique également aux substantifs.


IMPARFAITS.—La forme de l'imparfait de l'indicatif, telle que nous l'employons aujourd'hui, est une forme syncopée. La forme primitive, calquée plus exactement sur le latin, reproduisait la terminaison bam, bas, bat: j'ameveis, tu ameveis, il ameveit. Saint Bernard, le Commentaire sur Job, n'en connaissent pas d'autre.

—«En ceste terre habondaveit et si sorhabondeveit.» (Saint Bernard, p. 553.) Abundabat et superabundabat.

—«Et ke fesoit li fil quant il por luy a vengier veoit si esmeut le peires k'il a nule creature n'en espargneveit?» (Ibid., 523.)—«Et que faisait le fils voyant son père si ému à le venger qu'il n'épargnait nulle créature?»

—«Et s'il donkes ne veskivet jai mie selonc la char.»—Et s'il ne vivait (véquivait, vivebat) déjà plus selon la chair.» (Ibid., p. 554.)

—«… Et la chambriere ki portiere eret et le frument purgievet, dormit.» (Job, p. 444.) Et purgabat frumentum.

Remarquez eret, erat; preuve que la forme ert était dès lors une forme syncopée.

—«Dunkes li sainz hom proievet ke li jors perisset.» Priait que le jour pérît. (Ibid., 445.)

—«Et por offrir les sacrefices soi levevet main.» (Ibid. 492.)