(I, 102, édit. de M. Leroux de Lincy[84].)
[84] Je la choisis comme la meilleure, et la plus fidèle aux manuscrits.
Cette orthographe de Louis XI ou de son secrétaire autoriserait donc à conclure que parent fait au féminin paranne, et bienveillant, bienveillane? Non; mais on en conclurait plus juste qu'il faut étudier les règles quand on est étranger, et même quand on ne l'est pas; et, par supplément, que si Voltaire est un sot, il l'est du moins en nombreuse et respectable compagnie.
En résumé, je vois que sur la question des imparfaits, sur celle du verbe faire ou fere, sur celle des pluriels, Voltaire, conseillé uniquement par le bon sens et par l'instinct, s'est rencontré avec les créateurs de notre langue; tandis que l'école imposante de M. Nodier, toute poudreuse et orgueilleuse de son moyen âge, s'est complétement fourvoyée sur les trois points. Mais Voltaire, aux yeux de certaines gens, peut-il avoir raison sur rien? Peut-il, ayant mal parlé de la Bible, avoir bien parlé de l'orthographe? Ils se sont donc obstinés, ils s'obstinent et s'obstineront, semblables à ces martyrs des croisades,
Qui tombaient pieux et fidèles,
En combattant jusqu'au trépas
Pour des vérités éternelles
Qu'eux-mêmes ne comprenaient pas.
Voltaire a déjà gagné son procès sur la première question, je veux dire sur l'orthographe des imparfaits. Il ne faut qu'avoir patience: il le gagnera de même sur fesant et je fesais, et sur les enfans et les ignorans.