M. V. Hugo renchérit encore sur eux. Son imprimeur ayant mis, Une porte de métal, l'auteur du Rhin fait tout exprès un long erratum pour enjoindre de lire porte de métail; tant la différence lui paraît importante! «Quant au mot métail, il n'est pas moins précieux. Le métal est la substance métallique pure: l'argent est un métal. Le métail est la substance métallique composée: le bronze est un métail.»

M. Hugo n'a trouvé que dans son imagination cette distinction subtile et chimérique: il se fait des idoles pour les adorer. L'Académie ne mérite pas le blâme qu'il lui adresse pour avoir écarté de sa nouvelle édition le précieux métail. M. V. Hugo est aujourd'hui membre de la commission du Dictionnaire; c'est un travail où il est dangereux de laisser trop de part à l'imaginative.


BAIL, CORAIL, ÉMAIL, TRAVAIL, font baux, coraux, émaux, travaux, comme si l'on écrivait au singulier bal, coral, émal, traval; et dans le fait ou a écrit et prononcé de la sorte:

Et bien doi metre en guerredon

Paine et traval de si fait don.

«Peine et travau de tel don, di siffatto dono

La confusion était perpétuelle entre ail et al. Elle durait encore au XVIIe siècle; Ménage écrit un quintail: «Quintail fait quintaux

(Obs., p. 350.)

—«Il faut prononcer métal, et non pas métail; cristal, et non pas cristail; coral, et non pas corail; poitral, et non pas poitrail