(Garin, II, p. 173, 174.)

Le froit le prent en la vertiz,

Et puis d'ilec par tot le cors;

A poi que l'ame n'en ist fors.

(Partonopeus, v. 5166.)

«Le froid le prend au sommet de la tête, et de là se répand par tout le corps; peu s'en faut que son âme ne s'envole.»

Il n'est pas nécessaire d'avoir essayé de faire des vers, pour reconnaître combien l'ancienne locution a d'avantages sur la locution moderne. Je ne sais qui a embarrassé notre langue de ces façons de parler si pesantes, peu s'en faut que nequelque quequi que ce soit qui… Je ne pense pas qu'il y ait, dans toute la langue française, de pires expressions, et qui attestent mieux la barbarie latente sous les apparences du progrès.

L'ancienne langue disait, au lieu de quelque que, quel… que; quel étant toujours adjectif et que toujours adverbe. Par exemple: Quel puissant êtes-vous? Eh bien! quel puissant que vous soyez, vous ne me faites pas peur. Et non, avec un double emploi: Quelque puissant que vous soyez:

Je m'en vois, dame! a Dieu le creator

Commant vo cors, en quel lieu ke je soie.