(Dolopathos, p. 255.)
Apres iço i est Neimes venud,
E dit al rei: Ben l'avez entendud!
Guenes li quens ço vus ad respondud…
(Roland, st. 16.)
«Après cela y est venu Naime (le duc de Bavière), et dit au roi: Bien l'avez entendu! le comte Ganelon vous a répondu cela.»
Ce t final euphonique est l'origine de la double forme bénie et bénite, le masculin étant, selon l'occasion, béni ou bénit, avec ou sans t[126].
[126] Voyez le chapitre [Des consonnes euphoniques], p. 89.
Ainsi, «Malbrou s'en vat en guerre.—Il reviendrat à Pasques,» sont parfaitement légitimes. Un académicien attendant son confrère pour condamner ces cuirs, comme on appelle arrogamment les archaïsmes du peuple, demande: Vat il bientôt venir? At il oublié l'heure de la séance? Peut-être dînet il en ville?
L's euphonique n'est pas plus extraordinaire à la fin de ou qu'à la fin de quatre; et puisque l'ancienneté de cet usage, autrefois général, a contraint l'Académie elle-même d'autoriser quatreS yeux, je ne vois pas pourquoi l'on ferait plus de difficulté pour quatreS officiers. Deux, qui vient de Duo, n'a pas plus de droit à l's finale: ou dit pourtant deuX hommes; la première forme était dous hommes. Pourquoi deux a-t-il gardé seul sa finale euphonique? En vertu de quelle logique accorde-t-on à deux ce qu'on refuse à quatre? Ils étaient jadis sur le même pied. L'histoire des mots ressemble à celle des hommes, égaux en naissant, inégaux par les hasards de la fortune.