De Deus on fit deu, au féminin deuesse, c'est-à-dire devesse, et non déesse:
—«E ço li frai par ço que guerpid me as, e as aured Astarten, deuesse de Sydonie.» (Rois, III, p. 279.)
«Et ce lui ferai-je parce que tu m'as abandonné, et as adoré Astarté, déesse de Sidon.»
Tous les éditeurs de textes anciens ont pris sur eux de distinguer dans l'impression l'u voyelle et l'u consonne, qui sont confondus dans les manuscrits, et qui se substituaient parfois l'un à l'autre dans le langage. Ainsi j'auerai devait se lire, selon ce que voulait la mesure, tantôt j'averai en trois syllabes, tantôt j'aurai en deux. L'éditeur de la chanson de Roland imprimant toujours j'averai, estropie quelquefois le vers par cette orthographe. Cette distinction est, à la rigueur, une infidélité, comme l'introduction des accents. Reproduire les manuscrits, c'est à quoi l'on doit s'attacher.
X.
Ce caractère x a été inventé pour représenter le son dur de deux ss. Dans l'écriture manuscrite, il figure deux c dos à dos.
Saint Maixant, Bruxelles, Auxonne, Auxerre, Auxi-le-Château, se prononcent Saint Maissant, Brusselles, etc.
Paix, poix, dans la formation de leurs verbes, ne donnent pas poixer, paxifier, mais poisser, pacifier.
La version manuscrite d'Abélard par Jean de Meun (mort en 1322) commence par cette phrase:—«Essamples attaignent souvent les talens des hommes plus que ne font paroles.» (Manusc. no 7273 bis.)
Et la Bible de Guyot de Provins: