Dans les citations précédentes, substituez mon nom à celui de M. Ampère, vous aurez la critique que M. Guessard a faite de mon livre, la seule apparemment qu’il sache faire. Quand M. Guessard publiera des travaux philologiques, ces travaux seront tous di prima intenzione; il ne s’appuiera sur rien ni sur personne; il tirera tout de son imagination et de son génie. Mais quand en publiera-t-il? quand luira ce grand jour? Gare qu’on ne puisse appliquer trop justement à M. Guessard l’épigramme de J. B. Rousseau:
Petits auteurs d’un fort mauvais journal,
Pour Dieu, tâchez d’écrire un peu moins mal,
Ou taisez-vous sur les écrits des autres.
Vous vous tuez à chercher dans les nôtres
De quoi blâmer, et l’y trouvez très-bien;
Nous, au rebours, nous cherchons dans les vôtres
De quoi louer, et nous n’y trouvons rien.
J’avais déclaré ne travailler que pour la recherche de la vérité; M. Guessard m’exhorte à ne travailler désormais que pour l’argent, parce que la vérité, dit-il, me fuira toujours. Je ne crois pas plus à cet oracle qu’aux autres sortis de la même bouche, et je renvoie le conseil à son auteur, qui seul de nous deux est digne de le suivre, ayant été capable de le donner.
Veuillez recevoir, Monsieur et cher Éditeur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués et affectueux.