Tant qu’on n’a pas été bœuf gras,

on n’est rien en littérature tant qu’on n’a pas été : diffamateur comme Louis Dumur, ou plagiaire comme Pierre Benoit : ou moi-même, ou pornographe… mais ceci, je me l’attribue exclusivement, tant que Baudelaire sera mort.

BRINDES

9 mars. — Quel réseau de filaments, arachnéens et tenaces, quelle télépathie sans fil, ou, eût dit feu M. de Gourmont quel travail du « subconscient » met en communion notre pensée et celle de — non pas tels ou tels — mais tels et tels de nos contemporains, tels et tels de nos ancêtres ? — C’est dimanche et vêpres en carême ; dans la douillette, la dévote église Notre-Dame-des-Victoires, je savoure avec gourmandise le moelleux cantique de Racine le fils :

Reviens, pécheur, à ton Dieu qui t’appelle,

Reviens à Lui puisqu’Il revient à toi.

L’admonestation s’y veut caresse : grande sœur ? amante ? la contrition y devient volupté. J’ai peine à me persuader qu’il ne sort pas du cœur de Fénelon ; et pourquoi non ? N’est-il pas de cet autre fils de Racine, cet autre cantique, ou complainte :

Au sang qu’un Dieu va répandre,

Ah ! mêlez du moins vos pleurs…

… Il prie, il craint, il espère,