DIOSCURES

Mais Aramis était tout mystère.

(Père Dumas : Les Trois Mousquetaires.)

Le long de mon zodiaque se seront succédé à une génération, énigmatiques et suaves, météores représentatifs : Félix Fénéon, Eugène Marsan.

Laforgue, héros-Pierrot lunaire, leur commune préfigure, porte en chaton de bague

Le scarabée égyptien ;

A sa boutonnière fait bien

Le pissenlit des terrains vagues.

Fénéon, « anarchiste dilettante », théoricien néo-impressionisme et vers désossé, ostenseur de Laforgue, introducteur de Jarry ; éternisé par Paul Adam et Paul Signac, sous l’effigie et la pose d’un Yankee barbichu exaltant le lys mallarméen à pétales d’orchidée, blanc comme tes folioles, Revue Blanche !

Eugène Marsan consiste en une canne ; — bois de cucubier — profil de lemniscate : elle sort de la collection de Paul Bourget, qui assure la tenir de Stendhal ; en une bague dont l’orbiculaire orichalque emprisonne Minerve : camée rapporté par Maurras ; en un lys d’or héraldique et sur champ d’azur : il s’arbore certains matins où la canne change de fonction…

Facialement, Fénéon décrit l’obscur croissant de la Lune à son ultième[16] quartier ; et Marsan, météore Orionide, le sesqui-orbicule argenté qui l’approche de son plein.