[16] Puisque, déjà,

« La Pénultième est morte ! »

Hors un introuvable opuscule didactique, Fénéon a signé uniquement quelques dizaines de milliers de billets intimes, trente à quatre-vingt-dix mots, mieux que lapidaires : adamantins, idoines, divulgués à enivrer l’épistolaire française : et, une nuit d’excès (comme se dit dans Gamiani, mais cela n’a pas de rapport) il inventa, pour le Matin, les nouvelles en trois lignes.

Eugène Marsan, magnifique comme Buckingham[17], laisse pleuvoir l’équivalant de plusieurs volumes, le plus anonymement possible ; fatuité de dupe : les initiales se lèvent avec le second mot.

[17] Bonguinguamp en français.

Parole pesée, geste dosé, sourire général, regard distant, poignée de mains rare mais définitive ; loyauté héroïque, honnêteté tyrannique, acidulaire bonté, le gentilhomme sous le gentleman : je prends perpétuellement l’un pour l’autre et me tue à chercher si c’est de par leur enveloppe si complémentairement dissemblable, ou leur merveilleuse spirituelle identité.


— Je suis décoré, donc, au moins, honorable.

(E. Bourcier : La Beléba.)

J’eus ce rêve humoresque. Eugène Marsan — avec son complice Marcel Boulenger — allant représenter et les lettres françaises et la France, à Civita Vecchia. A Civita Vecchia les citoyens s’honoraient en leur ville, d’un rappel de marbre sur le logis qu’honora Stendhal. Marsan discourait dans l’idiome de Pétrarque[18], et Marcel Boulenger dans la langue de Racine. Ensuite de quoi, le successeur du consul Henri Beyle offrit aux deux ambassadeurs cette même croix d’honneur qu’avaient attiré à M. Henri Beyle ses services, diplomatiques et autres. Mon rêve disait juste, sauf en son dénouement logique : notre Glorieuse Troisième étant brouillée aussi avec la logique.

[18] De qui la maman eut l’honneur d’être Parisienne.