Nous nous empressâmes—naturellement—de prendre une copie de ce chef-d'œuvre; nous étions une douzaine à connaître l'épître, aujourd'hui nous sommes davantage.
UN CHANTEUR COMMERÃANT
A C. de RODDAZ.
Il n'est pas rare de rencontrer un bourgeois, épicier ou coiffeur, ayant du goût pour la musique, par exemple, et s'exerçant le soir, les travaux finis, à déchiffrer quelque partition wagnérienne; ainsi mon dentiste, aussi bon chirurgien qu'aimable garçon, se livre régulièrement après son dîner, sur son violoncelle, à une folle sarabande de croches et de doubles croches.
Ce type de bourgeois-artistes est donc assez commun; mais ce qui ne se voit que très rarement, pour ne pas dire jamais, c'est l'artiste marchand;—ces deux choses, art et commerce, étant si diamétralement opposées qu'on ne conçoit pas un individu qui s'est voué à l'art par goût, trouvant dans la journée le moyen de débiter quelques denrées coloniales ou autres.
Et pourtant, il existe. Il m'a été donné de le voir cet oiseau rare, ce merle bleu.
Voici dans quelles circonstances: