J’étais furieux. Je savais quels soins avait pris mon oncle pour que M. Martin, en descendant de l’autel, trouvât, avant son déjeuner à Hérépian, un commencement de réfection, et j’en voulais au Frère de sa gloutonnerie. Peut-être avait-il caché la coque, peut-être M. Martin ne l’avait-il pas même aperçue.
Pourtant, je n’osai hasarder le moindre reproche.
Je dépouillai mon surplis, détachai les quarante boutons de ma soutanelle,—elle en avait quarante, enchâssés dans de jolies boutonnières de soie rouge,—et, selon les règles que mon oncle m’avait habitué à mettre en pratique, je pliai le tout soigneusement.
Au moment où je glissais dans le vestiaire mon paquet, dont les plis,—je les vois encore,—offraient des lignes d’une correction admirable, l’ermite me retint le bras.
—Tu n’emportes donc pas tes ornements à Notre-Dame de Cavimont? me demanda-t-il.
—A Notre-Dame de Cavimont?
—Est-il drôle, cet enfant!
Puis, me regardant fixement;
—Tu ne serais donc pas content de servir la messe à M. le curé de Bédarieux, quand, demain, il arrivera avec ses milliers de paroissiens à Notre-Dame de Cavimont?