Du reste, il n'est rien qui ne leur soit familier: peinture, poésie, sculpture, musique, philosophie, sciences, tout est de leur ressort. Semblables en cela au Solitaire de M. le vicomte d'Arlincourt, ils voient tout, ils savent tout, ils sont partout.
Quoiqu'ils soient tous de bons garçons, il ne faut pas se fier à eux. Comme ils sont naturellement répulsifs, aux yeux d'abord, ensuite aux oreilles et au nez même, puis surtout aux intelligences, il en résulte qu'ils ont pris en aversion tous ceux qui voient, qui entendent ou qui comprennent.
C'est parce que ces artisses ne font rien qu'ils se mêlent de tout; quand je dis qu'ils ne font rien, c'est l'exacte vérité. Cependant, de temps en temps, ils barbouillent des vers ou de la prose, ils griffonnent des tableaux, pétrissent de la musique et gâchent des plâtres; ils sont tous peintres, musiciens, poètes, sculpteurs et philosophes. Cette multiplicité de moyens dans l'impuissance les a fait surnommer les Michel-Ange de Montmartre.
(1856.)
ÉCOLE DE ROME
Les peintres de cette école sont universels et éclectiques. Ils n'ont pas de parti pris en philosophie. Pic de la Mirandole, Bacon, Machiavel, Gozzi, Humbold et Cousin sont sur leur palette. Quand ils rentrent à Paris ils deviennent hommes du monde et quelquefois musiciens. Ils reçoivent.