SOMMAIRE

La Bamboula du style.—Les cotons sont en baisse.—Citations... au tribunal.—Une nouvelle langue qui n'est pas française.—Cette vieille immorale, qu'on nomme la morale!—Garçon, encore une langue!—Le but est atteint.—Monsieur, cela ne vous regarde pas.—Le sergent de ville était dans son droit.—Oeuvre pie.—Saint-Eustache.—La quête.—Pour les pauvres, s'il vous plait!—Apollon avale la ciguë—Joseph Prud'homme.—Je n'ai pas le courage d'aller plus loin.—Comment vous portez-vous?—Faisons les cartes.—Une lettre... d'un homme à la campagne.—Nouvelles bévues du maître.—La vertu est récompensée.—Ils ont pissé partout (hémistiche du grand Racine).—Pile ou face?—La lune comme un point sur un i.


Après avoir lu cette lettre, je suis de plus en plus convaincu que les peintres ne devraient jamais écrire,—pas même des lettres.—C'est pour eux que la télégraphie a été inventée,—et pour les commerçants et amateurs,—tous gens qui n'ont pas le temps, comme ils disent. La correspondance par signes, par télégrammes, qui, pour faire des économies de lettres, exige qu'on écrive par exemple: Rouen.—Vu Michel.—Cotons baisse.—Moi, demain a paris... etc. Ce langage-nègre est le style qui convient aux peintres et autres personnes trop occupées et trop pressées.

Tant pis, écrit M. Millet, pour qui ne croit pas que tout art est une langue.

Je suis persuadé que l'art de la peinture n'est pas une langue, et que toute son esthétique gît dans la représentation des objets.

(Cette définition pourrait s'appliquer également à la photographie qui n'est pas un art).

Quand vous faites un paysage, ou un intérieur de pauvres, ou un travailleur dans les champs, ne vous obstinez pas à croire que vous avez approfondi quelque haute question philosophique, et que même cet intérieur, ce paysage et ce travailleur sont des pensées. M. Millet dit que c'est une très-petite minorité qui croit que tout art est une langue, mais c'est tout le contraire: Je ne crois pas qu'il y ait un seul peintre, par exemple, qui ne soit persuadé qu'il exprime ses pensées par la peinture, que ses tableaux sont remplis de poésie, de tout ce qu'on voudra, et que conséquemment la peinture est une langue.

Si plus de gens le croyaient, on n'en verrait pas tant peindre et écrire sans but.

Quel but?—Celui de donner un enseignement, de châtier en riant les mœurs, de faire de la politique ou de la philosophie?—Alors il y a beaucoup de gens qui écrivent sans but, mais il y en a peu qui peignent sans but, car les peintres croient tous que tout art est une langue, etc.