Il est à remarquer également, à propos des écrits des peintres, qu'ils donnent tous des appellations différentes aux Refusés.

L'un dit qu'ils sont Exclus.

L'autre les traite d'Artistes non admis.

M. Tremblay les nomme Réprouvés.

M. Gautier les appelle Proscrits, etc., etc.

En se livrant aux méditations dans lesquelles plongerait ce sujet, on arriverait peut-être à trouver dans ces diverses désignations les opinions philosophiques, politiques et artistiques de leurs auteurs.

Le public, à force d'entendre de justes appréciations, commence à ne plus rire et à ne pas trop donner raison au jury,—ni aux peintres, il est vrai,—au Salon des Refusés.

La quantité de mauvaises et de primitives peintures est immense, mais n'atteint pas au chiffre des médiocres, des prétentieux, des affreux tableaux qui surabondent à l'Exposition des Reçus.—En outre, on ne saurait trop le répéter, les tentatives souvent réussies, les individualités nouvelles, ne se rencontrent guère qu'au Salon des Refusés.

Les tableaux que j'ai déjà cités de MM. Whistler, Colin, Pipard, Gilbert, Briguiboul, Gautier, Julian, Chintreuil, Fantin, etc., défient, bravent, et narguent le jury.

Je vais indiquer un grand nombre d'autres toiles remarquables, des paysages et des natures mortes surtout.