—Non, mon vieux, mais Madame Truphot a reçu des lettres anonymes, dans lesquelles ton rôle se trouve commenté sans bienveillance, et il ne faut pas que sa respectabilité, à laquelle elle tient par dessus tout, tu le conçois, puisse en souffrir.
—Tu mens! Tu mens! s’enrageait Boutorgne, devant la vision de toute sa carrière brisée.
Le Belge sans doute eut pitié. Des sympathies confraternelles l’envahirent. Peut-être aussi, superstitieux, eut-il peur que trop de sécheresse d’âme indisposât plus tard et, à son tour, le Destin en sa faveur.
Il rétorqua:
—Non, je ne mens pas; c’est en copain que je te parle; il n’y a rien à faire pour toi ici. Tu peux encore te créer une situation par ailleurs. N’use pas tes forces contre l’impossible...
Alors, remis d’aplomb en toute sa suffisance; se carrant à nouveau dans son égoïsme et la bonne opinion qu’il avait de soi, il se sourit béatement, se donna, pour ravaler son interlocuteur, deux grands coups de poing sur le thorax qui résonna comme du métal.
Le prosifère, comprenant que la prolongation de ce débat serait oiseuse, regagna sa chambre d’un pas aussi solennel que celui de Napoléon après son abdication, à Fontainebleau. Seulement, supérieur à l’autre, il n’entailla aucun guéridon d’un canif rageur.
Il murmura:
—C’est bien, je m’en irai dans quatre jours: le temps d’attendre mon courrier.