Charlie, hésitant, regardait sa mère, ces yeux humiliés, suppliants, qui eussent dû le condamner au lieu de l'implorer. Il eut pitié et il répliqua dans un baiser:

—Il m'a dit ce que je savais... Rien de plus, Maman!... Ne pleure pas!...

Il y eut derechef un silence. Mme Lahonce, distraitement, examinait les dessins des tentures, rebaissait sur Charlie ses regards endoloris, semblait recommencer, à travers l'espace incolore, sa poursuite incertaine des outrages enfuis que par charité le jeune homme lui cachait.

On cogna à la porte. Charlie doucement se dégageait; et un domestique entra:

—C'est M. Brodin qui demande Monsieur!...

—Je viens! fit Charlie.

Puis, la porte refermée, il dit en saisissant les deux mains de sa mère:

—Avant de m'en aller, Maman, il me reste une petite prière à t'adresser... Je vais peut-être te contrarier... te faire de la peine... Mais je suis décidé à ne plus revoir Favierres...

Mme Lahonce, à cette imprévue désertion, dissimula un haut-le-corps, et avec un calme factice:

—Parfaitement, mon enfant... Tu feras comme il te plaira... comme tu croiras bon... Seulement te suis-je bien utile là dedans... Tu es libre... Je n'ai ni à t'approuver ni à te désapprouver!...