—Alors, reprit Charlie... Eh bien! alors, dans le couloir maman m'a rattrapée... Elle m'a dit que vous étiez à Londres, qu'elle l'avait lu dans le journal, mais qu'il ne fallait pas le dire à papa, parce que vous étiez un peu fâchés ensemble, qu'elle m'expliquerait cela plus tard... Pourquoi vous êtes fâchés, dites?

Favierres eut un sourire:

—Parce que nous nous sommes disputés... Mais ce n'est rien...

—Bien! bien! continua Charlie d'un ton rassuré... Alors maman m'a demandé si je voulais aller vous voir et que c'était tout à côté... J'ai dit oui, moi... vous pensez bien!... Et puis voilà... Je sais l'anglais, vous comprenez. J'ai pas eu de peine à venir... Pourquoi êtes-vous ici, Fav?... Qu'est-ce que vous faites?...

Favierres répondit en l'attirant debout entre ses jambes, d'un geste affectueux, paternel:

—Je suis ici pour des affaires... un concert que je dois donner... Mais, dis-moi, Charlie, ta mère ne t'a rien dit pour moi?

—Non, fit Charlie qui s'amusait à tirer, à rouler, entre ses doigts, les pointes de la moustache de Favierres... Rien du tout... Ah! si, au fait...

—Quoi donc?

—Elle ma dit de bien vous dire bonjour de sa part... Oh! cet ours sur la cheminée! Est-il rigolo, cet ours!...

Et, se dérobant, il courut à la fenêtre: