—Elle n'est pas jolie, votre rue, vous savez...
Favierres répétait machinalement:
—Non, elle n'est pas jolie...
Il était tout désappointé et tout heureux à la fois, partagé entre le mécontentement que Mme Lahonce n'eût pas chargé Charlie d'une lettre, d'une commission quelconque, et la joie charmante d'avoir chez lui, près de lui, à la disposition de ses lèvres, ce petit être tendre et gentil qui était un peu d'elle-même, quelque chose d'elle-même, et qui apportait dans la triste chambre les relents retenus de son parfum d'iris.
Charlie s'était retourné, revenait vers son grand ami:
—Maintenant, déclara-t-il, au revoir... Faut que je m'en aille!... Au revoir, Fav!
Il avait noué ses bras autour du cou de Favierres et allongeait sa mince petite bouche pour un baiser d'adieu.
—Et qu'est-ce que je dois dire à maman de votre part?
Favierres répondit en le pressant avec violence contre sa poitrine:
—Tu lui diras... Tu lui diras que je m'ennuie beaucoup à Londres...