—Maman! Maman! tu ne vas pas pleurer!—fit Roger avec énergie.

—Eh bien!—reprit Mme Taillard en se dominant,—il y aurait peut-être un moyen de mettre fin à cette situation désolante: ce serait que, pendant le mois que tu vas passer là-bas, à Courteuil, tu tâches de me raccommoder avec ton père...

Gégé, inconsciemment, détourna les yeux.

—Regarde-moi bien, mon chéri,—continua Mme Taillard.—Naturellement il faudra y aller avec beaucoup de prudence. Ainsi, il serait de la dernière maladresse de dire à ton père que c'est moi qui propose cette réconciliation. Cela lui donnerait une trop grande opinion de ses droits sur toi, de ses chances dans le procès. Et après, s'il refusait, je serais trop humiliée... Non, il faudrait, au contraire, présenter l'idée comme venant de toi: une idée que tu aurais eue, tu comprends?... Tu dirais, je suppose: «Moi je suis sûr que si tu voulais te réconcilier avec maman, elle accepterait très bien...» Et s'il te questionnait, tu ajouterais que je t'ai toujours parlé gentiment de lui, que tu t'engages à tout arranger, que ça te ferait un plaisir énorme... La vérité, quoi!

—Oui, oui!—approuva Roger qui n'écoutait plus que d'une oreille bourdonnante.

—Je t'explique tout cela en gros... Je ne peux pas te mâcher tous les mots... Mais, une fois en route, je suis persuadée que tu t'en acquitterais à merveille... Voyons, ça te va-t-il? Puis-je compter sur toi?

—Oh! oui, maman!—répliqua faiblement Gégé.

Mme Taillard le rassujettit, car il glissait un peu de ses genoux, puis le pressant plus fort contre son buste: