A chaque arrêt de M. Raindal, elle redressait la tête. Puis ses yeux aux aguets épandaient vers le maître leurs débordants effluves de tendresse. M. Raindal toussait de gêne, et, ramenant plus étroitement contre son buste ses avant-bras aux mains pendantes, il paraissait vouloir reculer.
Lorsqu'il eut terminé la dictée, Zozé demanda:
—Et à présent?
—A présent il va falloir travailler, chère madame, et vous habituer à travailler seule! Malgré tout mon désir de vous aider, vous imaginez bien qu'il y aura des semaines...
Zozé l'interrompit:
—Nous savons, mon cher maître.... Ce ne seront pas des leçons.... Ce seront des causeries, de petits conseils d'ami, quand vous pourrez, quand vous serez libre...
M. Raindal, approuvant du regard, attirait à lui un des vastes in-folio du livre d'Ebers sur l'Égypte. Il se mit à le feuilleter, et il retournait le volume pour montrer les gravures ou donner à Zozé des explications. Elle se penchait par-dessus la table. Alors les souples frisons de sa chevelure chatouillaient parfois d'un frôlement le front de M. Raindal. Il se rejetait vite en arrière; et elle s'amusait de cet effroi. Mais elle eut honte de le taquiner.
—Oh! nous sommes très mal! fit-elle soudain... Vous permettez, cher maître, que je m'asseye à côté de vous?
—Bien volontiers chère madame!
Pourtant ils n'avaient pas repris l'examen des gravures, que déjà M. Raindal déplorait son empressement à accepter.