—Je n'aime pas beaucoup ce serment... Bah! soit... Je vous le jure sur la tête de mon neveu... Mais pourquoi tous ces préambules?...

—Eh bien, voici mon idée! fit Schleifmann d'un ton solennel... Où est M. Pums à cette heure-ci?..

L'oncle Cyprien consultait sa montre:

—Midi... Il doit être à la Bourse...

—Bon!... Je vais aller le voir pour vous... Ce n'est pas un méchant garçon... Au moment de mon histoire de réformes, vous vous rappelez, mon cher Cyprien, c'est encore un de ceux qui m'ont accueilli le moins mal... Et aussi il m'a laissé son fils comme élève, son petit gommeux de fils... Quoi, j'espère, j'ai de l'espoir... Ça vous va?...

—Ça me va, si on vous écoute! fit sceptiquement l'oncle Cyprien...

—Donc descendons... Vite un fiacre!... Huf! huf!

En bas, l'oncle Cyprien chargea le concierge de ramener «sa bête» rue d'Assas et les deux vieux amis montèrent dans une voiture ouverte.

Pendant quelques minutes, ils gardèrent le silence, puis M. Raindal cadet proféra d'un ton sarcastique:

—Pour une fois dans ma vie que j'ai affaire aux juifs, avouez, mon cher Schleifmann, que cela ne me réussit guère!...