—Non, je ne le veux pas! spécifiait M. Raindal... Il faut que je le veuille!...

Elle franchissait la porte, disparaissait dans l'escalier, avec la démarche cadencée que le maître admirait tellement.

—Il le fallait! déclara-t-il tout haut, quand la porte fut close.

Il évoquait en retournant vers sa chambre, des séparations célèbres, des adieux historiques: Tite et Bérénice, le Dimisit invitus..., et aussi Louis XIV et Marie Mancini.

Puis, subitement, ses forces le trahirent. Le désespoir refoulé par la littérature lui montait à la gorge en larmes. Il s'effondra sur une chaise, le mouchoir aux yeux.

—Je ne la reverrai plus! chuchotait-il dramatiquement... Je ne la reverrai plus jamais... jamais... jamais!...


Il la revit pourtant quelques heures plus tard, au cimetière Montparnasse, tandis qu'un délégué de l'Association des Athées prononçait, devant la tombe béante, l'éloge de l'oncle Cyprien.

Il y avait peu de monde, à cause de la saison, peu de femmes surtout. Elles étaient en noir, mais les noirs atours de Zozé semblaient parmi les leurs un costume de reine. Sa grâce, sa jeune beauté triomphaient encore dans le deuil et son fin petit visage, plus pâle que de coutume près de l'étoffe sombre, avait une gentille gravité dont le maître eût souri s'il n'eût pas tant pleuré.

Successivement ses regards mornes oscillaient de Zozé à la tombe, de la tombe à Zozé, et ses larmes coulaient confusément pour toutes deux.