Mme Boudois confirma ces présomptions. Son mari, par exemple, qui, Dieu sait! avait le pied marin et, l'été, chaque jour, à Langrune, sillonnait la mer en bachot de pêcheur, eh bien! son mari n'avait jamais pu valser. La tête lui tournait aussitôt.
Mme Lebercq, elle, par contre, avait peu navigué, mais, au temps de sa jeunesse, supportait sans inconvénient la valse.
Il y eut un silence, et Mme Chambannes reprit:
—Elle était très jolie, cette soirée, n'est-ce pas?...
—Admirable! approuva Mme Raindal.
Mme Boudois et Mme Lebercq réclamaient des détails; on leur en fournit. Mais subitement, à un détour de phrase, l'entretien dévia. Mme Boudois parlait des fêtes de l'Avent dont l'époque approchait. Elle engageait Mme Raindal à suivre quelques-uns des saluts de Saint-Jacques-du-Haut-Pas, où «les O de Noël» promettaient d'être chantés avec un rare éclat. Mme Raindal tenait plutôt pour ceux de Saint-Etienne-du-Mont. La discussion s'échauffa. Mme Lebercq, qui n'était point dévote, se taisait. Mme Chambannes, gênée par les mystères de cette causerie, considérait les arabesques noires de la carpette à fond rouge qu'entouraient les fauteuils du salon.
Enfin, saisissant une pause de répit, elle questionna:
—Serait-il indiscret de déranger le maître et mademoiselle votre fille?... J'aurais tant de plaisir à leur dire bonjour!
—Mais du tout, du tout! Au contraire... Ils seront ravis...
Elle frappait à une porte latérale.