Un bruit de chaises la tira de ces rêveries charitables. Le cours était fini. M. Raindal avait disparu. Par où? Dans le mur, sans doute. Et pas même un applaudissement! Zozé en restait confondue.

Elle se leva tout engourdie par l'immobilité et suivit les élèves qui sortaient. Quelques-uns s'effacèrent afin de lui livrer passage. Aucun ne la dévisagea, et ceux qui marchaient en avant ne se retournaient pas pour la regarder. Elle les trouva discrets, bien élevés, quoique un peu timides.

Puis elle se mit à flâner dans l'immense vestibule, en faisant sonner ses talons contre les dalles, pour le plaisir d'entendre l'écho. Dix minutes s'écoulèrent. Zozé frissonnait de froid. Elle allait s'informer auprès de Pageot, quand M. Raindal surgit dans l'ombre du fond, sa serviette sous le bras.

A la vue de Mme Chambannes, il réprima un mouvement de contrariété et s'avança vers elle avec une mine souriante:

—Vous ici, chère madame! s'écriait-il hypocritement.

—Vous ne m'avez donc pas reconnue? J'étais à votre cours... Je n'ai pas tout compris, mais comme c'était intéressant!

M. Raindal s'excusa sur sa presbytie, et, d'un ton plus inquiet:

—Eh bien! chère madame, en quoi puis-je vous être utile?... Que désirez-vous de moi?... A quel heureux hasard dois-je votre présence?

A quel heureux hasard? Pas si heureux que cela! Elle ne pouvait cependant pas lui répondre: «Gérald m'a encore joué un de ses vilains tours, s'est encore dérobé de deux heures à mes tendresses... Alors, par désœuvrement, par ennui, je suis venue voir un peu comment c'était, un de vos cours, et peut-être aussi, à l'occasion, combiner un dîner!...»

Et elle riposta avec un petit rire candide: