[28] Rien n’est moins certain que la culpabilité de de Brosse, et son orgueil fut peut-être son plus grand crime. «Voilà comme vescut et se comporta, dit un de ses panégyristes, celluy qui, pour sa grande puissance et authorité près du roi Philippe, est comparé par un historien du temps au cèdre de Liban eslevé au dessus des autres arbres. Mais il s’esmeut enfin un tourbillon de vent qui le porta par terre, l’an 1277, sans qu’on ayt sceu au vray d’où en provint la cause, sinon de l’ennui qu’aucuns conçurent contre luy, ce qui causa parmi le peuple grand estonnement et murmure.»

Et plus loin: «Nulz ne se doit fier en sa grant haultesse ne en son grant estat, car la roe de fortune, qui ne se tient en un estat, l’ara tost devalé et mis bas.»

«Contre la volonté le roy
Fu-il pendu; il fut deffet
Plus par envie que par fet.»

[29] Dans La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce, nous trouvons une pièce intitulée De Pierre de la Broche, qui dispute a fortune par devant reson, dont nous extrayons les trois dernières strophes:

Ci rent reson sentence.

Ainsi, Pierres, à tort te plains,
Et je croi bien qu’ele dit voir
De tes mauvaistiez es atains,
Ce puet chascuns moult bien véoir,
Et par jugement est contrains
A ceste paine recevoir:
Li anemis ne s’est pas frains
Qui te tenoit en son pooir.

Li baras son seigneur conchie:
Jà si ne le saura tarder;
Et cil qui sert de tricherie
Celui que il devroit garder,
Je di, par la virge Marie,
Qu’il seroit dignes de l’arder,
Por ce t’est la peine ajugie
Que tu recevras sanz tarder.

Droiz te condamne par droiture
Et je te conferm la sentence,
Mès sachiez que ce n’est cointure
De terrienne pénitance;
Mès la mort vient diverse et dure
Là où Diex vendra sans doutance:
Qui mal fet, ce dist l’escripture
Mal trovera: c’est une créance.

[30] P. G. Daniel, Histoire de France (édit, du P. Griffet, 1761, 17 vol. in-4), t. IV, p. 651.—G. de Nangis, Chronique latine, publiée par H. Géraud (1843, 2 vol. in-8), t. I, p. 249.—Mézeray, Histoire de France (1643, 3 vol. in-fol.), t. I, p. 658 et 675.—Les Grandes Chroniques de Saint-Denys (Collection Michaud et Poujoulat), t. II, p. 163.—La Complainte et le Jeu de Pierre de la Broce, chambellan de Philippe le Hardi, publ. par A. Jubinal d’après un manuscrit, 1835, in-8.

[31] Jacobus dictus de Lor, dit de Nangis.—Vu la profession de cet homme, ce nom pourrait bien être un surnom.