Paul avait autre chose en tête que de chercher à deviner qui elle était. Il cherchait des yeux la marquise et il l'aperçut, assise au pied d'un acacia, sur un banc rustique.
Elle aussi l'aperçut et se leva vivement pour venir à sa rencontre.
—Vous ici, monsieur! s'écria-t-elle. Et vous osez vous y présenter sous prétexte de me remettre un message de mon mari! Est-ce ainsi que vous tenez votre parole? Vous m'aviez promis de ne pas chercher à me connaître. Vous aviez déjà manqué à votre promesse en me suivant jusque chez madame Dozulé… et Dieu sait dans quels embarras vous m'avez mise! Vous m'avez donc encore une fois épiée, puisque vous êtes parvenu à savoir où je demeurais?
—Non, madame!… je vous jure que non, s'écria Paul.
—Alors, comment avez-vous appris mon adresse? Vous n'avez pas eu, je suppose, l'audace de la demander, après mon départ, aux personnes qui avaient entendu le domestique de la baronne vous annoncer sous le nom que je porte!
—Je m'en serais bien gardé… quelqu'un a dit devant moi que votre hôtel était situé avenue Montaigne.
—Soit! je veux bien vous croire… et alors vous n'avez rien eu de plus pressé que de vous présenter ici. Qu'espériez-vous donc? Vous êtes-vous imaginé que je continuerais à me prêter à une confusion de personnes que je n'ai pas eu la présence d'esprit d'empêcher, en déclarant tout haut que je ne vous connaissais pas.
—Je ne l'espérais pas… mais je le désirais de tout mon cœur.
—Vous saviez bien que c'était impossible. Ni mon amie, ni les personnes qui se trouvaient chez elle, hier, ne connaissent mon mari; mes gens ne le connaissent pas non plus. Mais il y a ici quelqu'un qui le connaît.
—Oui… votre intendant, n'est-ce pas?… cet homme qui, hier, vous gardait au Luxembourg et que je viens de retrouver…