—Quoi! voilà que maintenant vous blaguez la magistrature!

—Tu ne comprends pas. Je parle des gens appelés à déposer. On en voit de toutes les couleurs, sans parler des avocats qui rôdent par les corridors. Il y en a qui ont de bonnes têtes.

Montons! Charles doit être arrivé. Tâchons de le voir avant qu'il ait commencé à entendre les témoignages. Si nous tardions, nous pourrions le déranger.

Paul Cormier se laissa guider par le père Bardin, à travers un dédale d'escaliers et de couloirs où stationnaient des Gardes de Paris, et où passaient des individus des deux sexes qui ne payaient pas de mine.

Il y en avait d'assis sur des bancs fixés au mur, attendant leur tour de comparaître devant le juge qui les avait fait citer.

Maître Bardin connaissait tous les détours de ce labyrinthe et il conduisit tout droit son jeune ami à la porte du cabinet de son fils, gardée par un planton, auquel il donna sa carte en le priant de la remettre immédiatement au juge d'instruction.

Pendant que le soldat la portait, Paul eut le temps de remarquer, parmi quelques autres témoins qui faisaient antichambre, un homme assez convenablement vêtu qui le regardait beaucoup, comme s'il eût été surpris de le voir là.

—Sois gentil avec Charles, dit à demi-voix le père Bardin, quand le planton revint les chercher pour les introduire dans le cabinet du juge.

Le vieil avocat entra le premier. Son fils, en le voyant, vint à lui, les deux mains tendues, laissant là un monsieur avec lequel il causait, debout. Sa figure rayonnait, à ce magistrat. Elle se rembrunit un peu, quand il aperçut Paul Cormier, mais il ne reçut pas mal ce visiteur inattendu.

Le juge lui demanda affectueusement des nouvelles de sa mère et le pria de s'asseoir, en attendant qu'il eût fini avec le monsieur qui les avait précédés dans le cabinet.