—La dispute a commencé au bal. Mon camarade a eu le tort de riposter par un soufflet à un propos un peu vif…
—Ah! il a été l'agresseur!… il ne lui manquait que cela.
—Il a eu tous les torts… j'en conviens et il en convient lui-même. Sa seule excuse c'est qu'il était à peu près ivre. Son adversaire n'était pas non plus de sang-froid..
—Mais, toi, interrompit le vieil avocat; tu n'avais pas bu… je puis le certifier, puisque nous avons dîné ensemble chez ta mère. Comment n'as-tu pas mis le holà?
—J'ai essayé. On ne m'a pas écouté. Si j'ai consenti à être témoin, c'est que j'espérais arranger l'affaire.
—Et tu n'y a pas réussi!… Vous étiez donc tous enragés!… je comprends que le malheureux qui avait été giflé tînt à se battre. Je comprends même à la rigueur que ton ami ne pouvait pas lui refuser une réparation, mais les autres… on n'a jamais vu de témoins comme ça… où les aviez-vous pêchés?
—A Bullier. Ils avaient vu donner le soufflet, et quand nous sommes sortis du bal, ils nous ont suivis.
—Des étudiants, alors?
—Oui… des étudiants de première année… des enfants…
—Jolie compagnie pour aller se couper la gorge!… Sais-tu leurs noms seulement?