—Je les saurais que je ne les dirais pas… mais je ne les sais pas.
—Qu'est-ce qu'ils sont devenus, ceux-là, après l'affaire?
—Ils ont eu peur et ils se sont sauvés… nous plantant là mon camarade et moi… et emportant les épées.
—Ah! oui, au fait, les épées!… on ne les a pas trouvées sur le terrain.
—Malheureusement, car si elles y étaient restées, on n'aurait pas cru à un assassinat. Du reste, je ne comprends pas qu'on s'y soit trompé. Le mort avait ôté son habit et la blessure faite par un coup de pointe ne ressemble pas à celle que fait un couteau.
—Je n'ai pas encore reçu le rapport des médecins désignés pour examiner le corps, dit le juge qui sentait la justesse de l'observation.
—Bon! s'écria le père Bardin. S'ils concluent que la mort a été donnée par un coup d'épée, ça prouvera que Paul vient de te dire la vérité.
Et l'affaire changera de face. Je savais bien que le fils de ma vieille amie n'avait assassiné personne.
—Je n'ai pas cru cela un seul instant, dit le juge d'instruction, et je ne doute pas que Paul ne dise la vérité… maintenant. Il aurait mieux fait de la dire tout de suite.
—J'ai eu tort, je le confesse, murmura Cormier. Que voulez-vous!… j'étais fort embarrassé… Je ne m'attendais pas à voir ici cet homme… et il me répugnait de m'expliquer devant lui. Si j'avais su que je trouverais en vous un magistrat indulgent, je n'aurais pas hésité…