Il était revenu le lendemain aux informations. Il en arrivait, et il s'en était fallu de peu qu'il surprît, causant avec Paul Cormier, Jean de Mirande, qu'il aurait pu exploiter aussi. Il n'avait fait qu'entrevoir Paul qui ne l'avait pas vu, mais M. de Servon venait de lui apprendre tout ce qu'il ne savait pas,—hors une seule chose que Servon ignorait lui-même, puisqu'il ne connaissait pas l'histoire du duel;—le nom de l'homme que Mirande avait tué.
Brunachon ne mentait pas en disant qu'il connaissait le marquis de Ganges pour l'avoir rencontré aux tables de jeu de Monte-Carlo; et Brunachon n'avait pas menti non plus, en disant au juge d'instruction qu'il ne s'était réveillé qu'au moment où le duel sur le bastion venait de finir.
Il avait vu d'en haut un mort couché sur l'herbe, la face contre terre. Il ne s'était pas douté que ce mort était le marquis et il ne s'en doutait pas encore.
—Eh! bien, lui dit M. de Servon en haussant les épaules, vous voyez qu'il vous arrive de vous tromper tout comme un autre.
—Je ne me trompe pas, murmura l'ancien garçon de jeu. Ce monsieur se fait passer pour le marquis de Ganges, mais il ment.
—Alors, il est d'accord avec la marquise?
—Évidemment, puisqu'il l'accompagne dans le monde.
—C'est donc qu'il est son amant?
—Je le supposais, avant d'avoir entendu M. le vicomte. Maintenant, je n'en doute plus.
—Bon! mais qui est-il?