—Parce que vous compromettriez une femme qui n'a peut-être rien à se reprocher.

—Qu'en sais-tu? Est-ce que tu la connais?

—Non… mais elle est très honorablement connue à Paris, et si vous faisiez intervenir la police dans une affaire où son nom serait mêlé, vous lui feriez le plus grand tort.

—J'en serais bien fâché, dit Lestrigou. Je suis un vieil ami de la famille, et quand elle était jeune fille, je n'ai jamais eu qu'à me louer d'elle. Le diable, c'est que je ne sais comment m'y prendre pour mettre la main sur Bernadette.

—Bernadette! répéta Paul, qui entendait pour la première fois prononcer ce nom-là.

—Eh! oui… Bernadette Lamalou… l'orpheline que mademoiselle de Marsillargues a recueillie à Fabrègues et qui ne l'a pas quittée depuis cinq ou six ans… Celle-là aussi m'intéresse, et il me tarde de m'aboucher avec elle… si je connaissais un moyen d'y parvenir, sans mettre sa protectrice en cause…

—Voulez-vous que j'essaie, moi? demanda brusquement Cormier.

—Vous, june homme!… eh! mais, ça né sérait pas refus, si croyais qué

—Perds-tu l'esprit? s'écria Bardin. Comment feras-tu pour…

—Ne me demandez pas d'explication. Je ne pourrais pas vous en donner. Mais je m'engage à vous dire ce soir si la marquise de Ganges est encore à Paris et si sa protégée habite avec elle.