Il tourna donc à droite et il se jeta sous les arbres, afin de gagner le quai en passant derrière le Palais de l'Industrie.
Là, il sauta dans une voiture et il se fit conduire au boulevard
Saint-Germain.
Il en fut pour sa course. Mirande était sorti avec le petit garçon. Paul l'avait manqué d'un quart d'heure. Le concierge lui dit qu'il était sorti à pied. Paul pensa qu'il devait être allé au Luxembourg comme il le lui avait annoncé la veille, et Paul remonta en fiacre pour l'y aller rejoindre.
Il savait ce que son camarade y allait faire: chercher la mère de l'enfant perdu ou plutôt l'y attendre.
C'était une raison pour que Paul qui la cherchait aussi, et qui croyait la connaître, se rendît là où il lui restait quelque chance de la rencontrer.
Il descendit devant la grille qui borde la rue de Vaugirard, à la hauteur de la rue Féron, paya son cocher et entra dans le jardin, bien décidé à n'en pas sortir avant d'avoir trouvé son camarade.
Mirande venait là comme un pêcheur va tendre ses filets. L'enfant allait lui servir d'appât pour attirer la mère. Mirande avait dû s'établir à la place où la mère avait laissé la veille ce singulier petit garçon.
Paul commença donc sa tournée par ce bout de la terrasse. Il reconnut la boutique à joujoux près de laquelle le gamin s'était retranché pour résister à l'adjudant qui voulait l'emmener; mais il ne vit ni Mirande ni le jeune Roch. Sans doute, il les avait devancés et ils n'allaient pas tarder à paraître.
L'idée lui vint d'interroger la marchande en lui expliquant comment l'enfant était habillé, et cette femme lui répondit qu'il venait à peu près tous les jours avec sa mère, vers quatre heures.
Elle l'avait encore vu la veille et comme elle avait fermé boutique de bonne heure, elle n'avait pas assisté à la scène avec le gardien.