Il fut presque brutal.
An lieu de la saluer, en l'abordant, il fit ce que Mirande avait fait, le dimanche de la première rencontre.
Il s'empara d'une chaise et il s'assit en face d'elle, sans prononcer une parole.
Elle pâlit et fut sur le point de se lever, mais elle resta et elle lui dit d'une voix altérée par l'émotion:
—Je vous en supplie, monsieur, laissez-moi.
—Désolé de vous refuser, répliqua-t-il durement. Je me suis présenté chez vous et vous n'y étiez pas. Puisque je vous rencontre, il faut absolument que je vous parle.
—Pas maintenant. Je vous recevrai quand vous voudrez; mais en ce moment, je ne puis pas vous entendre.
—Vous m'entendrez, pourtant; car je vous préviens que si vous quittez la place, je vais vous suivre. Ce sera, si vous voulez, une nouvelle promenade en fiacre, mais cette fois je ne descendrai pas en route pour vous être agréable.
—Que vous ai-je fait pour que vous preniez ce ton avec moi? demanda madame de Ganges qui se remettait peu à peu de son trouble.
—Vous vous êtes moquée de moi… vous avez menti… il faut bien que j'appelle les choses par leur nom…