—Je sais… mais je ne me rappelle pas vous avoir rencontrée pendant le très court séjour que j'ai fait tout près de là, dans un domaine qui appartient encore à mon oncle.

—Vous y étiez le jour de l'ouverture des vendanges?

—Oui… je crois…

—Vous croyez! répéta la marquise; vous n'êtes pas sûr?… alors, vous n'avez pas gardé de ce jour un souvenir distinct!… il aurait dû pourtant marquer dans votre vie.

Paul fut très étonné de voir que Mirande changeait de visage. Il le fut bien plus encore de l'entendre répondre:

—C'est vrai… ce jour-là, j'ai commis une mauvaise action.

—Non, monsieur… pas seulement une mauvaise action… un crime, car vous pouviez la réparer et vous ne l'avez pas fait.

Paul tombait de son haut. Il se demandait de quelle espèce de crime son camarade avait pu se charger la conscience, en Languedoc. C'était bien assez d'avoir tué le marquis sur le boulevard Jourdan.

Il commençait pourtant à deviner qu'il ne s'agissait pas d'un autre meurtre et que la première victime de Mirande n'était pas un homme.

—Comment l'aurais-je réparée? balbutia le coupable. Je suis parti le lendemain.