Ses favorites l'ont regretté, mais elles se sont vite consolées; et Véra, la nihiliste, a déclaré hautement que Mirande, au fond, n'était qu'un bourgeois.

Il a rompu si brusquement avec ses amis et avec ses habitudes qu'il n'a pas songé un seul instant à enterrer sa vie de garçon en offrant à la jeunesse latine un festin pantagruélique.

Bernadette n'a pas tardé à devenir, dans les délais de rigueur, la femme légitime du père de son enfant.

Elle n'était plus veuve et elle était mère: deux excellentes raisons pour hâter le mariage réparateur.

Roch n'a plus qu'une maman, car petite mère, depuis qu'elle est madame de Mirande, n'habite plus chez maman Jacqueline; mais il a un père, un vrai, qu'il adore et qui le lui rend bien.

Si jamais homme s'est vu renaître dans son fils, cet homme, c'est Jean de Mirande.

Roch lui ressemble tant que Bernadette trouve qu'il lui ressemble trop; car s'il a toutes les qualités de sa race paternelle, il en a aussi tous les défauts.

Il est volontaire et querelleur; il n'obéit qu'à son père et la douce Bernadette s'inquiète déjà de l'avenir de ce batailleur en herbe. Mais les tourments qu'il lui donne ne l'empêchent pas de le chérir.

Il sera élevé à la campagne, car elle achètera le château de Marsillargues, et les nouveaux époux comptent passer huit mois de l'année près de ce village de Fabrègues où ils se sont rencontrés.

Ils y remplaceront la famille de la marquise, et ils seront à leur tour les bienfaiteurs du pays.