—Bah! dit Bardin, en haussant les épaules, il faut bien que jeunesse se passe… et, entre nous, elle ne passe que trop vite, la jeunesse… Laissez-le jeter ses gourmes, ce garçon… plus tôt ce sera fait, plus tôt il sera mûr pour le mariage.

—Je sais bien, mon ami, murmura la mère, toujours disposée à excuser son Paul. Mais je me plains qu'il ne mûrit pas vite.

—Bah!… les fruits d'arrière-saison sont les meilleurs. J'ai quelquefois regretté que mon Charles n'ait jamais fait de sottises quand il était jeune.

—Vous dites ça pour me consoler.

—Pas du tout. Je dis ça parce que je crains qu'il n'en fasse quand il sera vieux. J'espère que non, mais n'empêche que «faut de la sagesse, pas trop n'en faut». C'est comme la vertu.

—Taisez-vous, Bardin. Vous finiriez par me faire rire et je n'en ai pas envie.

—Voyons!… voulez-vous que je vous indique le moyen de calmer vos inquiétudes?

—Je ne demande pas mieux, mais…

—Le moyen, c'est de nous mettre à table. Il n'est rien de tel pour faire arriver les retardataires.

Et comme la bonne dame ne paraissait pas convaincue, son vieil ami s'empressa d'ajouter: