—On dit qu'elle est charmante.
—Comment! on dit?… vous ne la connaissez donc pas?
—Je ne l'ai jamais vue… mais j'ai vu les titres qui établissent son droit à l'héritage en question… je sais où il est, en quoi il consiste et ce qu'il faut faire pour qu'elle soit envoyée en possession.
—Vous êtes admirablement renseigné. Il ne vous reste plus qu'à m'apprendre où se trouve cette merveille.
L'ancien avocat prit un temps, comme on dit au Palais, aussi bien qu'au théâtre et, après cette pause, il répondit gravement:
—Si je le savais, je t'aurais déjà présenté à elle.
Paul, pour le coup, éclata de rire et madame Cormier fit une moue significative. Elle trouvait mauvais que son vieil ami se permît de plaisanter à propos du mariage de son fils.
—Ris, mon garçon, reprit Bardin, ris tant que tu voudras. C'est très sérieux et vous, ma chère Julie, vous avez tort de vous fâcher. Mon héritière existe. Voulez-vous que je vous raconte son histoire?
—Racontez, monsieur Bardin!… racontez!… dit Paul, toujours pouffant.
—Mon ami, ajouta madame Cormier, vous auriez dû commencer par là.