J'ai trouvé, sur le sommet d'Abbaratia, une rose sauvage dont le charme est incomparable, non pas qu'elle soit moins ou plus rose qu'une autre, ni davantage odorante, mais, à mesure que je gravissais vers elle et que mes yeux en buvaient la rosée, ah! je comprenais qu'elle n'avait été touchée même par une abeille : par le ciel seulement.
LÔRÉA
Sur la cime de la montagne cette rose s'est plu à incliner sa tige, formant un arc aussi doux que ton nom, ô Tiruztaya!
Mais, brusquement, s'est détendue la tige, et moi qui en étais la fleur, je me suis décochée avec force pour venir me poser sur ton cœur.
TIRUZTAYA
Que nos petits cousins appellent les fauvettes avec les fifres dont ils enchantent le long après-midi. Elles ne répondront plus à leur invitation, ô Lôréa, si elles t'ont entendue, mortes de jalousie.
LÔRÉA
Lorsqu'on célébra, il y a un an, la fête ondicolienne, c'est alors que, pour la première fois, je te distinguai parmi les pilotaris.
Et quand, avec un geste que je ne peux pas dire, tant il fut mesuré dans l'espace, tu brandis le gracieux berceau d'osier du chistéra, mon cœur, que tu avais mis dedans, ne fit qu'un bond.
Et je vis, ô joie! mon cœur monter et redescendre vers un rival que tu provoquais.