Etcheto, un rougeaud, fabricant de chocolat ;

Haramboure l'Américain, enrichi, à Buenos-Ayres, dans le commerce du cuir, et retiré à Hasparren ; Larronde, le boulanger, qui buvait d'un bouillon de corbeaux, enterrés préalablement ;

Mercapide, le boucher, qui vendait aux pêcheurs les asticots de sa viande d'été, et ouvrait, à la même saison, un établissement de bains ; sa femme fabriquait des meringues ;

Hirigoyen, l'épicier, qui, lorsqu'il pesait du fromage, en rognait l'excédent qu'il dégustait en lamelles devant l'acheteur ; mais quelle bonne odeur de café grillé dans sa boutique!

Bordato, l'ancien marin de Terre-Neuve, qui représentait une compagnie d'assurances : « la Céleste » ;

Bordachoury, le chasseur qui avait pris au piège à loup le lieutenant de gendarmerie de Mauléon ;

Etchégaray, le contrebandier d'Ainhoa, et pilotari, dont les bidons d'alcool avaient été troués par les balles des douaniers ;

Salagoïty, pilotari également, champion du monde à qui les Anglaises mendiaient ses vieilles savates et sa culotte plus blanche qu'une maison basque en août. Sur le carnet de l'une de ses admiratrices, il avait écrit : « Amia nu, je n'ai pas peur de personne » ;

Pitphariatéguy, de Barcus, fils d'un amiral, mais qui, au grand désespoir de la marine et des siens, se mêlait aux baladins, et, en costume éclatant, faisait valser et pirouetter son cheval de bois ;

Enfin Paul Dupont, rentier, qui, malgré un nom si peu basque, l'était à lui seul plus que tous les autres convives ensemble, mais on ne saurait dire pourquoi : c'est une impression indéfinissable, une manière de se montrer réservé après les libations nombreuses qu'il décidait à toute occasion, avec le comte de Macaye et quelques hobereaux de la même sorte.