L'abbé Harriague, dans son livre sur la noblesse basque, démontre que les ancêtres maternels de Paul Dupont prirent part à la croisade avec saint Louis et Thibaut II.
Il ne restait plus à leur descendant d'autre héroïsme que la chasse au lièvre et à la palombe.
Et je pense que voilà des Etats-généraux!
Le gros et rubicond doyen d'Aïciritz récita le Benedicite, après quoi le repas commença dans une sorte de silence que n'interrompaient que les humements provoqués par le potage.
Tous les Basques avaient la serviette passée au col, et même l'un d'eux portait la sienne comme un enfant, de manière qu'elle imite sur la nuque deux oreilles de lapin.
Tandis que Jacob Meyer et son neveu prenaient des cachets, les autres invités et moi-même ne songions qu'à remplir notre panse, et à ravir notre odorat de ce nectar qui unissait à la saveur la plus délicate et la plus onctueuse tout l'arome des potagers.
Ma joie était grande d'entendre, à mesure que baissait le niveau du consommé, l'argenterie taper du cul sur les assiettes, et de voir mes hôtes, qui n'en voulaient perdre goutte, les soulever en les inclinant.
La gourmandise a, dès l'abord, toutes les apparences de la timidité.
C'est qu'un tel potage est rare. Il contient la sève même des graines, convertie en une graisse fine qui vous regarde avec des œils d'or, il a la couleur rousse des volailles qui font se battre entre eux les coqs, et il est brûlant comme le soleil des moissons.
Mon ordinaire était d'un vin d'Irouléguy, âpre comme une nèfle, un peu pétillant, et qui satisfait, en les râpant, les langues et les gosiers. Les Meyer seuls le mouillèrent.