Or quand la troupp' apperceu m'eut,
Un debat entr' elles s'esmeut
De la vie, en ceste guerre
Quand l'une la venoit filer,
L'autre venoit l'anichiler,
Pour rendre deserte la terre.
De sa main hideuse prenoit
A grands flottes le fil de vie,
Et de coupper non assouvye
Sa colere ne reffrenoit.
Parquoy horrible estoit à veoir
Les effortz des jumelles lames
Si grands, qu'elles avoyent pouvoir
D'un seul coup ravir cent mill' ames,
Dont cuidoy (en ayant veu tant,)
C'estre la fin que lon attend
Par les inevitables flammes.
A cest esclandre l'oeil volla
Loing, loing vers Gaulle, et congneut là
De son Roy la preuse conqueste,
Ou l'honneur d'Espaigne arrachoit,
Et ainsi qu'un lyon marchoit
Jouïssant du fruit de sa queste:
Des corps morts à son loz dressant
Les montjoyes de la victoire
Qui ja unir font à sa gloire
Les deux cornes de son croissant:
Car vers le fleuve des Germains
Desja il se recourbe, et arque:
Et si menace les Romains
Du pouvoir de ce grand Monarque:
Dont le glaive en pais allegeant,
Aux durs conflictz va soulageant
Les cizeaux de la fiere parque.
Leur fureur apres destournant,
Et contre Gaulle la tournant,
Luy survint un leger esclandre
Au pris des grands maux assemblez
Qui (comme feu parmy les blez)
Ses haineux les verront descendre:
Tant seront alors descouppez
A l'abord des forces terribles:
Et apres ces troubles horribles
Doit naistre une nouvelle paix,
Que nostre prince tresheureux
Plantera sur la terre ronde,
Et les hommes l'auront entr' eux
Tant qu'ilz seront vivans au monde.
Lors vivront tous souz mesmes loix
Ausquelles Germains, et Gaullois
Feront que leur vie responde.
Par les coups donnez à travers
Elles font de meurdres divers
Cà, et là en mainte contrée,
Et couppant leurs filetz bien tordz
La vie (helas) enclos' au corps
De Philiponn' ont rencontrée!