Je suis Bacchus, la tant antique race
De Juppiter, je suis le gros Bacchus,
Bons biberons me suivent à la trace,
Je fay venir la guerre entre bas culs.
On ne verroit, sans moy, tant de cocus
Autres que ceux qui sont sur la Ramee,
A bref parler, par moy furent vaincus
Jadis maints Roys d'auctorité famee.

Mais que me sert ma haulte Renommee,
Si je ne mects à execution
Ma grand puissance en tous lieux Renommee
Sur quelque Roy de grand possession?
Or j'en scay un par admiration
Riche, excellant, de sublime pouvoir,
D'aller vers luy c'est mon intention,
Je luy feray ma puissance scavoir.

Sappho.

Comme je puis assez appercevoir
Je suis bien pres du Monarque honorable,
Je m'y en voys, je commence à le voir,
O combien m'est sa personne agreable?

Pasiphile.

Sire, voicy quelque dame louable,
Qui vient devers vostre magnificence,
Sa beauté est grande et imcomparable,
Je croy qu'elle est d'une noble naissance.

Sappho en saluant le Monarque.

Vostre Renom est de telle puissance
Prince d'honeur, que pour vous honorer,
Je vien vers vous, car j'ay la cognoissance
Qu'a tous Humains je vous doy preferer.
Et n'ay desir sinon de demourer
Avecques vous, de voz graces ravie,
Car je vous veux de ce bien asseurer
Que d'autre aymer je n'ay aucune envie.

Vostre grandeur à cela me convie,
Vous, de ma part aurez contentement,
Vostre seray le surplus, de ma vie.
Pour vous donner plaisir, esbatement,
Pour vous donner le vray soulagement
Que m'a apris la belle Cytheree,
Qui ambrassoit Adonis doucement
Quand avec luy elle estoit retiree.

Le Monarque.