Je ne scay pas qui vous à attiree
D'ainsi m'offrir vostre amitié honeste,
Mais ma pensee est allieurs retiree,
Vostre beauté toutefois m'admoneste.
Ah je cognoys ceste amour deshoneste
Estant l'Espoux de Royne de hault pris,
Puis par Bon zele homme de vertu nette,
Et selon Dieu j'en seroys fort repris.
Sappho.
Excellent Prince avez vous entrepris
D'obtemperer à instructeur moins sage
Que vous, en qui grand pouvoir est compris
Pour obtenir de voz plaisirs l'usage?
Prince changez cest endurcy courage,
Car vous pouvez vivre à vostre desir,
Laissez aux sots des vertus le presage,
Il n'est vertu que vivre à son plaisir.
Quand vous, verrez mes graces à loisir,
Et que seray entre voz bras couchee,
Si vous aviez au cueur tout desplaisir,
Plus ne sera vostre grandeur faschee,
Quand vostre levre aux deux miennes fichee
Prendra de moy un baiser savoureux,
Et que par vous sera ma chair touchee,
Sans fin de moy vous serez amoureux.
Regardez donc, Monarque vigoureux
A ne laisser telle resjouissance,
Qui vous rendra des Roys le plus heureux
Quand de Sappho vous aurez jouissance.
Le Monarque.
Sappho, bien fort me plaist la cognoissance
De vostre nom, je suis en grand esmoy,
Que doy je faire? Amour ha grand puissance,
Faictes sejour ce pendant avec moy.
O Pasiphile, apertement je voy
Que ton propos estoit fort veritable,
Ceste dame est tant belle, que je croy
Qu'il me faudra aymer sa grace aymable.
Pasiphile.
Prince excellant, Monarque inestimable,
Nul ne vous peut contredire en ce faict,
Vous ne serez pour ce moins redoubtable
Quand à voz veux vous aurez satisfaict.