Et pourautant (Zoroastre le dict)
Quand aurons eu ce pouvoir et credit
De contempler ce feu luisant et monde,
Clair et tressainct, sautellant par le Monde,
Oyons la voix de ce feu supernel,
Signifiant le nom de l'Eternel,
Car comme on voit estre ardente la flame
Qui promptement ce qu'elle attainct, enflame,
Le Verbe sainct, qui de tout est vainqueur,
Peut penetrer les hommes jusqu'au cueur,
Pour contempler les graces et biensfaicts
Que l'Eternel par son fils nous à faicts.

Certainement ceste Essence premiere,
Ce Pere, seul donateur de lumiere
(Dict Zoroastre) aux ames à enté
Certaine Marque, et certain seau planté,
C'est à scavoir image intelligible
Pour concevoir maint secret invisible,
Et pour scavoir les essences des choses,
Et les raisons en Deité encloses.

Ce Philosophe, intelligible appelle
Ce hault Recteur de puissance éternelle,
Seul excellant, et de qui le pouvoir
Nous ne pouvons nullement concevoir
Fors par la part dedans nous la meilleure,
La fleur du sens, qui en l'Esprit demeure,
Ce que disoit Ovide heureusement,
Quand de l'Esprit il parloit sainctement.
Disant ainsi un Dieu dedans nous gist,
Qui nous enflame et tous noz sens regist,
Ce feu boillant en nous par vehemence
Retient d'Esprit une saincte semence.
Et comme mieux sainct Paul l'escrit pour tous:
Incessament l'Esprit prie pour nous,
Dedans le corps gemissant à toute heure
Pour voir le Ciel sa promise demeure.

Quand Zoroastre expert et entendu
A dict que tout d'un feu est descendu,
Cela s'entend d'une supresme essence,
Et d'un seul Dieu d'invincible puissance,
Qui à créé le Ciel, la Terre aussi,
Ayant pour nous d'un paternel souci,
Faict toute chose, et que les nations
Nomment premier, ses operations
Sainctes on voit, perfaictes, admirables,
Ses faicts haultains, grands, et incomparables.

Duquel avons formes intelligibles,
Pour concevoir ses secrets indicibles,
Et qui aussi noz pensees concoit,
Et le dedans de noz cueurs appercoit,
Et sans son sceu (Dieu nous le manifeste)
Ne tombe un seul cheveu de nostre teste.

Par les Recteurs remplis d'intelligence
Qui sont compris en la docte sentence
De Zoroastre, entendons les Esprits
Bons, immortels, et qui n'ont point apris
De varier, leur vertu éminente
En pureté est tousjours permanente.

Quand il escrit que ce Pere supresme
S'est exempté, et divisé soymesme,
Et qu'aux Espris de moindre dignité
Il n'a enclos sa grand Divinité,
Certes cela estoit bien raisonnable,
Et à sa grand majesté convenable,
Veu que sans fin il est commencement,
Et un seul Dieu, qu'il est semblablement
Autheur de tout, Createur du grand oeuvre
Du Ciel vousté, qui toutes choses cueuvre,
Et par lequel tout à esté perfaict,
Et sans lequel il n'a rien esté faict,
Et qui au Ciel est bien d'autre figure
Que le mortel paintre ne le figure.

Et veu qu'il est Pere, ayant surmonté,
Tous les vivans, d'une saincte bonté,
Et seul autheur de toute chose bonne,
Espoir à l'homme et non craincte il ordonne.

Voyla les poincts de ce Grec enseigneur
Et Philosophe, ou de nostre Seigneur
Nous pouvons voir la grandeur reveree,
Et l'espoir bon de nostre ame asseuree,
Qui tend au Ciel, pour voir son Createur,
De bien et mal le remunerateur.
Tirez du miel des Escrits fort louables
De Zoroastre, O lecteurs amiables,
Et bons Esprits, ou sur mes vers latins
Mettez voz yeux, pour tant soirs que matins
Louer de Dieu l'infinie puissance,
Qui rien de nous ne veult qu'obeissance.

Idem commentarius, carmine heroico redditus ab eodem authore.