Le Arvadi, de la ville insulaire d'Arvad, l'Aradus de la géographie classique.
1Sculpture égyptienne de Medinet-Abou.
Le Çemari, dont la cité est appelée Simyra des Grecs et des Latins.
Le 'Hamathi, de la grande ville de 'Hamath dans la vallée de l'Oronte.
L'inscription de Kena'an parmi les fils de 'Ham a été le principal argument dont on s'est servi pour attaquer l'exactitude et le caractère ethnographique du tableau des peuples dans le chapitre X de la Genèse. On y objectait qu'ils devaient appartenir à la famille syro-arabe ou au sang de Schem, puisqu'ils parlaient un idiome purement sémitique, le même que celui des Hébreux. Aujourd'hui, dans le point de vue actuel de la science, cet argument linguistique a perdu beaucoup de sa force. Les érudits qui ont étudié le plus à fond les Phéniciens et les autres Kenânéens, comme M. Renan, reconnaissent qu'en dépit de leur langage sémitique et de la forte infiltration de sang syro-arabe qui dut nécessairement se produire parmi eux, une fois qu'ils furent établis dans
la Palestine et dans la région du Liban, le fond premier de ces peuples était plus apparenté aux Égyptiens, avec lesquels ils ont tant de légendes religieuses communes, qu'aux nations de Schem. Ceci s'accorde avec la tradition, constante dans l'antiquité et chez les Phéniciens eux-mêmes, qui les faisait venir des bords du golfe Persique, c'est-à-dire d'un domaine qui appartient exclusivement aux peuples de 'Ham. Les Égyptiens, sur leurs monuments, donnent aux gens de Kefta, les Phéniciens, des traits et un costume qui se rapprochent beaucoup des leurs propres; ils les peignent en rouge comme eux-mêmes. Et c'est à cette couleur de teint rouge qu'a trait le nom de [Grec: phones], qui leur a été donné par les Grecs. En même temps, quand on voit ce nom de Phéniciens prendre en latin la forme Poeni, qui s'applique spécialement aux Kenânéens auxquels les Romains et les autres Italiotes ont eu le plus anciennement affaire, c'est-à-dire aux Carthaginois, on en arrive à soupçonner que les Grecs ont dû helléniser en [phoïnes], pour y donner un sens dans leur propre idiome, une appellation asiatique, dont Poeni aura mieux conservé la forme indigène et dont la ressemblance avec le Pount égyptien est à tout le moins digne d'attention.
1Cette figure d'un homme du pays de Kefta, apportant en tribut des oeuvres de son industrie, est empruntée aux peintures du tombeau de Hekh-ma-Ra, à Thèbes, datant du règne de Tahoutmès III.
Au reste, la contradiction apparente que l'on a cru remarquer entre la place donnée à Kena'an dans le tableau ethnographique de la Genèse, et la nature de la langue que parlait ce peuple, tient surtout à l'habitude que l'on a prise, par suite de la confusion qui a longtemps régné entre les faits philologiques et les faits ethnographiques, d'appeler langues sémitiques le rameau syro-arabe des idiomes à flexion. Des savants de premier ordre, et dont l'opinion possède une autorité supérieure, ont déjà fait remarquer ce que cette expression a d'impropre. Une notable partie, sinon la majorité des peuples que la Bible rapporte à la descendance de 'Ham, en particulier ceux du rameau de Kousch, parlaient des langues de cette classe. Le fait de Kena'an n'est pas isolé; il appartient, au contraire, à tout un ensemble. Le ghez est parlé par une population dont le fond--les caractères physiques des Abyssins l'attestent--est resté en très grande majorité