Pas de doute que Hadoram ne corresponde aux Adramites des géographes classiques, donnés pour voisins des Chatramotites mais distincts d'eux.

Ouzal représente le canton du Yémen où est située la ville de Çan'âa, que les traditions arabes affirment s'être appelée Aouzâl jusqu'à la conquête éthiopienne du ve siècle de l'ère chrétienne.

Avec Diqlah nous sommes obligés de rentrer dans la voie des conjectures; aucun canton de l'Arabie ne nous offre d'appellation analogue; mais ce nom signifie «palme» en hébreu; il doit donc désigner une contrée particulièrement riche en palmiers, ou bien où l'on rendait un culte religieux au dattier, comme le faisaient les habitants de Nedjrân; la situation de ce dernier canton conviendrait fort au groupement de Diqlah avec les noms voisins.

'Obal, qui peut répondre à un protype arabe Ghobal, rappelle à l'esprit les Gebanitae de Pline, qui habitaient à l'ouest du canton d'Aouzal, sur le bord de la mer, et dont la capitale, Tamna, était une si grande ville qu'elle comptait jusqu'à 65 temples.

Abimaël, «le père de Maël,» représente un des cantons du pays de Mahrah, la région principale de production de l'encens; le naturaliste grec Théophraste dit, en effet, que de son temps le meilleur encens venait du district de Mali, qu'on ne saurait manquer d'identifier avec Maël.

Le sens de Scheba est certain; ce sont les célèbres Sabéens, le peuple le plus considérable et le plus fameux de l'Arabie-Heureuse.

Vient ensuite Ophir. Il ne saurait être ici question de l'Ophir indien, du pays d'Abhîra, près des bouches de l'Indus; mais la conjecture la plus vraisemblable, au sujet de l'Ophir arabe, est que ce nom avait été appliqué dans l'usage à la région qui servait d'entrepôt ordinaire aux produits de l'Ophir indien, c'est-à-dire aux alentours du port de 'Aden, où les vaisseaux de l'Inde avaient l'habitude d'apporter leurs marchandises, qu'y prenaient d'autres vaisseaux faisant la navigation de la mer Rouge. Et, en effet, nous voyons dans les géographes classiques la province du Yémen qui s'étend le long du détroit de Bal-el-Mandeb, depuis Muza (aujourd'hui Maouschid) jusqu'à 'Aden, appelée pays de Maphar, appellation qui reproduit celle d'Ophir, avec une préformante m, très fréquente dans les noms de lieux sémitiques.

'Havilah est le pays de Khaoulân dans le nord du Yémen, touchant à la frontière du 'Hedjâz; c'est jusque là, est-il dit plus loin dans la Genèse [132], que s'étendirent au sud les tribus de la descendance de Yischmaël (Ismaël).

Note 132:[ (retour) ] XXV, 18.

Enfin le dernier des fils de Yaqtan est Yobab, dont le nom paraît être altéré et devoir se corriger en Yobar; car Ptolémée mentionne des Iobaritæ dans l'Arabie méridionale, et les traditions arabes enregistrent un peuple Wabar, issu de Qa'htan, qui habitait à l'orient de 'Aden jusqu'à la frontière du 'Hadhramaout.