Ces deux groupes sont l'un septentrional et l'autre méridional, et correspondent à une première division de la langue sémitique primitive et commune, sortie elle-même, comme nous venons de le dire, d'un idiome intérieur, qui a produit à la fois les langues sémitiques et 'hamitiques.

Le groupe septentrional se subdivise à son tour en trois rameaux: araméen, assyrien et kenânéen.

Le premier rameau a pour type l'araméen, parlé jadis en Syrie, originairement propre aux populations que l'ethnographie biblique désigne sous le nom d'Aram, étendu ensuite, par des circonstances historiques, sous la domination des Assyriens, puis des Perses, non seulement à toute l'Assyrie, mais à l'ensemble de la Mésopotamie, jusqu'au golfe Persique, à la Palestine et à l'Arabie septentrionale. L'araméen, dans toutes ces régions, resta l'idiome prédominant et commun jusqu'à l'époque où l'arabe prit le dessus, avec l'islamisme, et se substitua complètement à lui, arrivant même à le faire périr graduellement.

Le caractère général de l'araméen est son peu de conservation des anciennes voyelles de la langue sémitique primitive. On y distingue plusieurs dialectes, dont la naissance représente des dates chronologiques dans l'histoire de cette langue:

L'araméen biblique, autrefois appelé chaldaïque, désignation absolument fausse et tout à fait abandonnée aujourd'hui; c'est l'idiome dans lequel ont été composés, du ve au iie siècle avant notre ère, quelques parties de certains livres de la Bible, comme ceux de Daniel, de 'Ezra (Esdras) et de Ne'hemiah (Néhémie); les quelques fragments épigraphiques araméens de la Mésopotamie que nous possédons, et qui datent du ixe au ve siècle, nous offrent exactement le même état de la langue;

L'araméen targumique, conservé par les targoumin ou paraphrases de la Bible, composées au commencement de notre ère;

L'araméen talmudique ou syro-chaldaïque, langue vulgaire qui se forma chez les Juifs à la suite de l'altération et de l'abandon de l'hébreu, que l'on parlait en Palestine au temps du Christ et qui est employée dans les deux grandes compositions rabbiniques appelées Talmud, le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone;

Le palmyrénien, langue contemporaine de Palmyre et en général de la Syrie du nord, qui nous a légué une riche épigraphie;

Le nabatéen, dialecte des habitants de l'Arabie Pétrée, pénétré de nombreux arabismes, dont les monuments sont aussi des inscriptions;

Le samaritain, qui se forma sur le territoire de l'ancienne tribu d'Éphraïm pendant les siècles de la domination assyrienne, babylonienne et perse, et qui s'est conservé à l'état d'idiome littéraire chez les descendants de ces dissidents du culte juif.