Quand les races métisses ont pris naissance, le croisement même n'a fonctionné que sous la domination du milieu et de l'hérédité.
Les grands mouvements de populations n'ont lieu qu'à intervalles éloignés et comme par crises. Dans l'intervalle d'une crise à l'autre, les races formées par croisement ont eu le temps de s'asseoir et de s'uniformiser.
La consolidation des races métisses, l'uniformisation relative des caractères à la suite du croisement, ont été forcément très lentes par suite du défaut absolu de sélection. Par conséquent, toute race métisse uniformisée est en même temps très ancienne.
Les instincts de l'homme ont amené le mélange des races métisses, comme ils avaient produit celui des races primaires.
Toute race métisse, uniformisée et assise, a pu jouer, dans de nouveaux croisements, le rôle d'une race primaire.
L'humanité actuelle s'est ainsi formée, sans doute pour la plus grande partie, par le croisement successif d'un nombre encore indéterminé de races.
Les races les plus anciennes que nous connaissions, les races quaternaires, n'en sont pas moins représentées encore de nos jours, soit par des populations généralement peu nombreuses, soit par des individus isolés, chez lesquels l'atavisme reproduit les traits de ces ancêtres reculés.» C'est un fait que nous avons exposé déjà dans le livre précédent.
§ 4.--L'HOMME PRIMITIF.
Il serait du plus haut intérêt, parmi les grands types primordiaux de l'humanité, que nous trouvons déjà complétement constitués et aussi distincts qu'aujourd'hui dès les temps les plus anciens où remontent l'histoire positive et les monuments de la civilisation, d'arriver à déterminer quel est le plus antique et s'il en est un qui représente encore avec un certain degré d'exactitude l'homme primitif. Malheureusement c'est là une question à laquelle la science est impuissante à donner une réponse formelle. Elle n'a pas d'éléments certains pour déterminer quel était le type primitif de notre espèce.
Ce qui paraît bien probable, et même presque certain, c'est que ce type a dû, dans le cours des âges, s'effacer et disparaître, et qu'il n'était précisément celui d'aucune des races actuelles. Les conditions de milieu dans lesquelles l'homme est apparu sur la terre ont profondément changé, puisque c'étaient celles d'une autre époque géologique. Comment admettre que de tels changements aient permis la conservation du type exact des premiers humains? Quand tout se transformait autour de lui, l'homme ne pouvait rester immuable. Et d'ailleurs, comme nous venons de le faire voir, le métissage a eu aussi sa part dans cette modification.