Et May, du talon, creuse un trou dans le tennis. Edward ajoute:
—Prenez la brouette, une pelle. Allez chercher de la terre de route, il faut que nous puissions jouer demain.
Déjà Claude obéit, lorsque Favereau survient, congestionné d'une longue sieste, le pantalon si bas qu'on ne sait comment il tient:
—Où vas-tu comme ça, Claude?
Le jeune paysan rejoint son père et entend l'exclamation d'Edward:
—Sommes-nous gaffeurs! C'est le petit curé!
Ce soir-là, Claude regarda de sa chambre monter un orage: les arbres tous à la fois frémirent: le vent du sud y creusa des houles. Un contrevent claqua, mais dominant la rumeur des végétations et la persistante vibration des insectes, cette même musique qui avait troublé sa sieste emplit la nuit, y mêla comme la voix d'un océan invisible. Le piano se tut, le vent tomba: «l'orage n'est pas pour nous», murmure Claude. Il pleut sur les feuillages qu'aucun souffle ne froisse plus; l'odeur de la terre monte comme un obscur élan de joie végétale; Claude éprouve dans sa chair la volupté des labours exténués que l'eau pénètre, amollit. Demi-nu sur son lit non défait, il s'endort dans le bruit de ce ruissellement sur la campagne.
IV
Le lendemain le soleil ne se leva pas. Favereau, en face de son vin blanc, émit les phrases consacrées pour le temps de pluie: